Contrer l’inactivité physique en milieu rural: 4 éléments à considérer

12 avril 2017
dans Société
par Rédacteur Invité
Contrer l’inactivité physique en milieu rural: 4 éléments à considérer

On assiste au fil du temps à une baisse de la pratique d’activité physique chez les jeunes. À l’heure actuelle, c’est 67 % des jeunes québécois qui n’atteignent pas le niveau d’activité physique recommandé (Québec en Forme, 2011).

C’est plus précisément vers 13-14 ans que nous observons une baisse importante du niveau d’activité physique chez les jeunes. Ainsi, approximativement 50 % des filles de 6 à 11 ans font moins que les 60 minutes d’activité physique quotidienne recommandée.

 

À l’adolescence, ce pourcentage augmente à 65 %. Chez les garçons, on passe de 25 % chez les jeunes âgés de 6 à 11 ans à près de 50 % chez les adolescents.

 

Parmi les raisons évoquées pour justifier l’abandon ou la diminution de la pratique d’activité physique à l’adolescence, on retrouve le manque d’aptitudes physiques, l’absence de transport et le coût des activités.

 

Ajoutons aussi que dans certaines régions du Québec, avoir accès à une offre diversifiée d’activités physiques pour les jeunes est tout un défi. Le nombre restreint d’enfants par municipalité, les distances à franchir, la pénurie d’intervenants et de bénévoles et le manque d’infrastructures intérieures sont d’autres éléments à considérer.

 

 

L’exemple d’une ligue parascolaire en Haute-Gaspésie

Devant ces obstacles, des partenaires du regroupement de la Haute-Gaspésie se sont mobilisés pour mettre sur pied la Ligue amicale primaire interscolaire des Chic-Chocs (L’APICC). Cette ligue vise à offrir des activités sportives parascolaires aux élèves âgés de 10 à 12 ans (3e cycle) dans les écoles primaires de la commission scolaire des Chic-Chocs en prônant le plaisir, l’esprit sportif et la participation.

 

Huit écoles primaires et plus de 15 équipes participent actuellement aux activités de la ligue. Le regroupement de la Haute-Gaspésie en Forme estime le nombre de jeunes de 5e et 6année rejoints à plus de 200 par année. 

 

 

Les 4 facteurs de réussite

 

Voici donc comment la mise en place de cette ligue permet de surmonter quelques obstacles à la pratique d’activités physiques en milieu rural.

 

  • Les aptitudes physiques 

​Le manque d’aptitudes et d’habiletés physiques est identifié comme l’un des obstacles à être actif par plus du tiers des jeunes de 10 à 17 ans. L’APICC se veut donc une initiation à divers sports d’équipe (mini-soccer, mini-volley et hockey balle) afin que les jeunes puissent développer des habiletés qui leur permettront de poursuivre la pratique d’activités physiques au secondaire. Le choix des activités s’est appuyé sur les intérêts des jeunes et une attention particulière a été portée aux filles par le choix du mini-volley.

 

  • Le transport

La MRC de la Haute-Gaspésie est composée de 8 municipalités qui s’étendent sur plus de 130 km. Les distances à franchir pour avoir accès à des infrastructures sportives sont donc un frein à la pratique d’activités physiques. Ainsi, dans le but de faciliter l’accès physique des jeunes du territoire, les entraînements de L’APICC se déroulent sur l’heure du dîner pour rejoindre un maximum d’enfants et limiter le transport ou encore immédiatement après l’école. Les 3 tournois, quant à eux, se déroulent lors de journées pédagogiques et la commission scolaire assume le transport lors de ces journées.

 

  • Le coût 

En Haute-Gaspésie, 6 municipalités sur 8 sont considérées comme dévitalisées. C’est également dans cette MRC que le revenu moyen par habitant est le plus faible dans la région. Il faut se rappeler que les enfants de familles à faible revenu sont trois fois plus susceptibles de n’avoir jamais pratiqué d’activité physique et de sports organisés. Ainsi, afin de faciliter l’accès des jeunes du territoire, les activités de L’APICC sont gratuites pour tous les jeunes.

 

  • Les intervenants

Tout comme dans bien des milieux, la pénurie d’intervenants et de bénévoles demeure un obstacle majeur à la mise en place d’activités pour les jeunes. En développant L’APICC en milieu scolaire, les partenaires de la Haute-Gaspésie ont pu compter sur des enseignants d’éducation physique pour s’occuper des entraînements et de l’organisation des tournois.

 

Par l'équipe de Québec en Forme

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