Jeu libre: pourquoi laisser votre enfant prendre des risques?

12 janvier 2018
dans Société
par Clémence Risler
Jeu libre: pourquoi laisser votre enfant prendre des risques?

Grimper dans des arbres, jouer dans la boue, sauter dans les flaques d’eau, dévaler des pentes à vélo et se hisser au point le plus haut des structures de jeux… La plupart des enfants sont friands d’action et de défi. Mais est-ce trop risqué de les laisser agir à leur guise?

Sylvie Melsbach, directrice technique de l’Institut québécois de la Sécurité dans les aires de jeu en a long à dire sur le sujet. Elle est de ceux qui appuient avec ardeur et depuis longtemps, soit depuis le début de sa carrière comme éducatrice en garderie il y a plus de 30 ans, le droit des enfants à jouer dehors en toute liberté.

 

Évidemment selon l’âge, cette notion de liberté diffère. « À partir de 8 ou 9 ans, les enfants ont par exemple besoin de sortir avec leurs copains sans être accompagnés d’un adulte, explique-t-elle. Si les infrastructures et les accès mis en place par la municipalité le permettent, ils devraient pouvoir se rendre dans les parcs pour profiter des aires de jeux. »

 

 

Oui lors de ces sorties, l’enfant grimpera peut-être très haut dans un module de jeu, et oui, il y a un risque qu’il chute. « Les accidents et les blessures arrivent à l’occasion, mais ils sont plutôt rares, et cela fait partie de l’enfance, rappelle Mme Melsbach. Il faut faire confiance aux enfants et à leur sens inné de la sécurité. Il est très peu probable qu’ils se mettent en danger. »

 

Oui, certaines structures de jeux s’élèvent très haut, et quand nos enfants, même préados, y grimpent, juste regarder peut nous donner le vertige. « Les enfants ont la capacité de sentir le moment où ils sortent de leur zone de confort et se retrouvent en déséquilibres. Et habituellement, ils s’arrêtent naturellement à ce moment-là. »

 

Des pièces à éviter

« On se demande souvent comment faire bouger davantage nos enfants, mais je crois qu’il faudrait plutôt s’interroger sur ce qui fait obstacle à la capacité et à l’envie naturelle qu’ils ont de bouger », soutient-elle en avançant aussi que l’attitude des parents et des adultes qui entourent l’enfant dès sa plus tendre enfance a beaucoup à jouer.

 

 

« Surprotéger les enfants est loin de leur rendre service, car certains d’entre eux s’empresseront de faire ce qu’on leur interdit dès que l’adulte aura le dos tourné. Et dans cette précipitation, les risques d’accident deviennent alors accrus. D’autres parts, les jeunes qui ont toujours été supervisés et à qui on a imposé de nombreux interdits, auront aussi tendance à se mettre en danger, parce qu’ils n’auront pas bien développé leurs habiletés motrices. À l’inverse, la surstimulation peut aussi fausser les habiletés et le jugement des enfants. »

 

Sylvie Melsbach rappelle aussi que jusqu’à 12 ou 13 ans, les enfants sont dans une phase de développement appelé perceptivo-moteur. « C’est donc par le mouvement qu’ils rationalisent tout ce qui les entoure », affirme-t-elle avant de conclure que les enfants libres d’explorer leur environnement par eux-mêmes sont généralement joyeux, actifs et toujours pleins d’idées… Bref, ils ne s’ennuient jamais!

 

3 trucs pour laisser votre enfant prendre des risques 
  • Évitez les phrases comme « fais attention » ou « tu n’es pas capable » qui peuvent miner à la fois leur perception du risque et leur confiance.

 

  • L’apprentissage de la gestion du risque commence dès les premiers mois de vie de l’enfant. En le laissant évoluer à son rythme, sans le pousser, il intégrera beaucoup mieux la notion d’équilibre et de sécurité.

 

  • Beau temps mauvais temps, permettez aux enfants de mettre le nez dehors, en leur fournissant des vêtements adéquats qu’ils peuvent salir.

 

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