Jeux de batailles : devrait-on laisser les enfants se chamailler?

6 août 2018
dans Société
par Clémence Risler
Jeux de batailles : devrait-on laisser les enfants se chamailler?

Vos enfants se tiraillent, simulent des combats, se fabriquent des épées pour se livrer à des guerres épiques et adulent les superhéros? Même si tout cela vous horripile au plus haut point, n’intervenez pas trop vite! Les jeux de bataille ne sont pas à proscrire, mais doivent être bien encadrés pour qu’ils restent sains et amusants. On fait le tour de la question.

 

En 2017, dans le cadre du projet Mieux soutenir nos garçons, les Partenaires pour la petite enfance de la MRC des Sources en Estrie ont entre autres proposé quelques balises pour inciter les CPE à accueillir positivement les jeux de bataille et de guerre et à les encadrer adéquatement.

 

Ces recommandations découlent des observations de plusieurs spécialistes, dont Daniel Paquette, éthologue et professeur à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal. Il s’est beaucoup penché sur la question et ses recherches ont permis de démontrer qu’en se chamaillant pour le plaisir, les enfants ne deviennent pas plus violents, mais développent au contraire certaines facettes de leur personnalité qui leur seront plus tard utiles. Il faut aussi noter que si les garçons sont davantage attirés par ce type d’activité, une part des filles le sont aussi.

 

Ce qui nous fait souvent sourciller devant les jeux de bataille comportant des contacts physiques, c’est leur aspect agressif. Et quand ils manient des armes imaginaires, on peut aussi frissonner devant la violence que cela évoque. Pourtant, dans un cadre approprié, ces jeux participent à la construction et à l’épanouissement des enfants.

 

Établir des limites

 

Mais d’abord, qu’entend-on par « cadre approprié »? C’est premièrement de s’assurer que l’environnement où les hostilités ludiques ont lieu soit sécuritaire. Dans certains CPE, des coins pour les jeux de batailles sont aménagés. Des épées en mousse sont par exemple mises à la disposition des tout-petits qui peuvent s’affronter dans un espace bien dégagé et couvert d’un tapis. Pour les enfants plus âgés, la même vigilance reste de mise.

 

Si les enfants peuvent s’agripper, se tirer, se pousser ou se rouler ensemble par terre, les coups devraient cependant être proscrits. Il en va de même des interventions au niveau du visage et du fait de lancer des objets. On conscientise d’autre part les participants à l’importance que tout ça reste un jeu, donc de toujours s’assurer que leur « adversaire » est consentant et que l’action doit immédiatement cesser si l’un des équipiers en émet la requête. Car il est important que la notion de plaisir prime en tout temps.

 

Une saine rivalité

Apprivoiser la compétition, apprendre à gérer l’impulsivité, la colère et l’excitation, établir et raffermir des liens amicaux, aiguiser ses habiletés pour la résolution de conflits, faire la distinction entre la vraie et la fausse violence et libérer leur trop-plein d’énergie. Voilà quelques-uns des bienfaits qui ressortent des études sur le sujet.

 

En plus de leur donner des outils pour mieux évoluer en société, il a aussi été démontré que ces jeux constituent aussi une façon pour le père d’interagir avec ses enfants et de leur communiquer leur affection, celui-ci étant généralement davantage porté sur l’action et le jeu physique.

 

Bref, comme parents, nous sommes invités à voir d’un nouvel œil ces jeux, à établir des limites claires entre ce qui sera permis ou non pour que le combat devienne drôle, plaisant et formateur.

 

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

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