Jouer dans la rue : permis ou pas?

23 juillet 2018
dans Société
par Clémence Risler
Jouer dans la rue : permis ou pas?

Saviez-vous qu’à certains endroits vos enfants pourraient écoper d’une amende parce qu’ils s’amusent dans la rue? Heureusement, un vent de changement souffle sur le Québec et les municipalités ont désormais le pouvoir de permettre le jeu libre dans la rue.

Jusqu’à tout récemment, le règlement provincial stipulait que nul ne pouvait occuper la chaussée de manière à entraver le passage des véhicules. Une joute de hockey improvisée pouvait donc prendre fin abruptement si un policier s’adonnait à passer par là. Bref, une belle incitation à ce que les enfants retournent à l’intérieur. Rien pour encourager un mode de vie très actif!

 

Mais l’adoption de la loi 122 en 2017 change heureusement la donne. Celle-ci permet aux municipalités de consentir au jeu libre dans les rues et de le baliser, tout en respectant le Code de la sécurité routière.

 

Sous certaines conditions

Bien entendu, ce ne sont pas toutes les rues qui peuvent accueillir les tournois de soccer et les courses de trottinettes, comme nous l’explique Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. L’organisme qui fait entre autres la promotion d’un mode de vie actif a pris part à l’implantation du projet pilote Dans ma rue, on joue! à Belœil.

 

« La beauté de ce projet, c’est qu’il implique les citoyens, avance Mme Voyer. Les résidents sont invités à soumettre leur rue pour qu’elle devienne une aire permise pour le jeu. Les suggestions sont ensuite transmises à un comité consultatif pour en évaluer la sécurité. »

 

Parmi ces critères, la rue doit bénéficier d’une bonne visibilité, ne pas présenter de virage ni de pente, être bien éclairée et sa limite de vitesse doit se situer en bas de 50 km.

 

Quand les résidents de cette rue acceptent dans une proportion de 2/3, le projet est officialisé et une lettre leur est acheminée afin de leur exposer le code de vie pour un bon voisinage. Par exemple, le jeu est autorisé entre 7 h et 21 h. Des pancartes sont aussi installées pour inviter les conducteurs à redoubler de vigilance.

 

Des initiatives inspirantes

Si Belœil avait pour but d’être une figure phare en entamant ce mouvement, c’est mission accomplie. Plusieurs villes ont emboîté le pas et ont appliqué des mesures similaires, ou sont en voie de le faire. Ainsi, de Saint-Bruno à Laval, en passant par Gatineau, Rawdon ou Montréal, les dirigeants municipaux manifestent la volonté d’offrir aux jeunes et moins jeunes davantage d’espaces où ils pourront jouer entre amis.

 

« Ce ne sont pas toutes les familles qui ont accès à une cour arrière ou à un parc à proximité, soutient Corine Voyer. La rue devient donc un lieu de rencontre entre voisins. Et cela n’apporte que du positif : quand les enfants sont en groupes, ils sont plus actifs. C’est donc tout un schème de pensée qu’il faut revoir. Redonner la rue au citoyen et en faire des lieux publics, et pas seulement destinés aux voitures », conclut-elle.

 

 

Article réalisé en partenariat avec la Table sur le mode de vie physiquement actif (TMVPA)

 

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