Lab-École : pour réinventer l’école québécoise

4 avril 2017
dans École
par Marie-Claude Ouellet
Lab-École : pour réinventer l’école québécoise

L’annonce du projet Lab-École, faite lors du dévoilement du budget Leitão la semaine dernière, a suscité la polémique. Ce projet a été soumis au ministre de l’Éducation Sébastien Proulx par trois personnalités connues : l’architecte Pierre Thibault, le triathlète et « père » des cubes énergie Pierre Lavoie et le chef Ricardo Larrivée.

L’objectif du Lab-École est ambitieux : doter le Québec des meilleures écoles au monde ! Le trio s’est engagé à livrer un plan d’action d’ici la fin de 2017. Bien que les détails du projet ne soient pas encore connus, certaines informations ont d’ores et déjà filtré dans les médias. Voici trois clés pour mieux comprendre cette initiative.

 

1. Offrir un cadre de travail stimulant 

La mission du Lab-École est de concevoir un nouveau milieu de vie qui donnera aux élèves le goût d’apprendre. Ce projet vise principalement les écoles primaires, mais aussi quelques écoles secondaires.

 

L’équipe du Lab-École compte visiter des établissements scolaires à travers le monde pour identifier les meilleures pratiques et s’en inspirer. Dans le but d’offrir aux élèves et aux enseignants un milieu plus attrayant et favorisant l’apprentissage, les instigateurs du projet proposent, entre autres, d’aménager des locaux bien éclairés et dont l’air est d’excellente qualité.

 

Pierre Thibault, Ricardo Larrivée et Pierre Lavoie, les personnalités à l'origine de Lab-École.
Crédit photo : La Presse

 

Ils souhaitent aussi motiver les jeunes à devenir plus actifs et à manger sainement. Concrètement, on pourrait enseigner aux enfants à préparer des petits-déjeuners, les initier à l’agriculture urbaine ou encore leur permettre de se rendre à l’école en vélo en aménageant de nouvelles pistes cyclables. 

 

À l’annonce du projet, les réactions des travailleurs du milieu de l’éducation ne se sont pas faites attendre. Plusieurs de ces travailleurs se sont indignés du fait que le ministre Proulx accorde du financement au Lab-École alors qu’il ignore les recommandations faites par les enseignants et les directeurs d’écoles pour améliorer les écoles, sous prétexte d’un manque de fonds. 

 

2. Placer l’école au centre de la communauté 

Le Lab-École souhaite faire des nouvelles écoles des foyers communautaires, notamment en mettant certains locaux – tels que les bibliothèques et les gymnases - à la disposition des habitants du quartier. On y voit une façon de rendre les coûts liés à l’aménagement des écoles plus acceptables socialement, puisque de nouvelles infrastructures seraient bénéfiques pour la collectivité.

 

Devant la grogne populaire face aux montants en jeu – 1,5 millions de dollars annuellement - Sébastien Proulx a précisé que messieurs Lavoie, Larrivée et Thibault ne seraient pas rémunérés directement pour leur travail.

 

Plusieurs membres des syndicats d’enseignants estiment que la construction de quelques écoles luxueuses ne vise qu’à épater la galerie et qu’elle occulte l’état déplorable dans lequel se trouvent plusieurs écoles existantes.

 

3. Impliquer divers intervenants

De nombreux enseignants se sont dits outrés du fait que la réorganisation des écoles soit confiée à trois vedettes provenant de l’extérieur du milieu de l’éducation. À la suite de ces critiques, le ministre Proulx et les initiateurs du Lab-École ont assuré la population qu’ils consulteraient des acteurs du milieu de l’enseignement, des parents et des représentants des municipalités pour élaborer leur projet.

Les détails de cette initiative seront révélés en mai prochain et feront certainement couler encore beaucoup d’encre.  

 

pour en lire davantage à ce sujet: 

La Presse : « L’école doit devenir le cœur de la communauté »

La Presse : Trois vedettes pour réinventer l’école

La Presse : les syndicats d’enseignants en colère contre le ministre

Le Devoir : les syndicats des enseignants outrés par le projet Lab-École 

 

 

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